La Société Alsacienne de Constructions Mécaniques (SACM)
La Société Alsacienne de Constructions Mécaniques (SACM) fut constituée en 1872, par la fusion de deux sociétés alsaciennes André Koechlin & Cie et l’Usine de Graffenstaden. Après la guerre de 1870/1871 les deux usines alsaciennes se trouvèrent en zone allemande à la suite de l’annexion de l’Alsace-Lorraine. Pour garder leur clientèle française les administrateurs de la SACM décidèrent en 1878 de créer une succursale sur le territoire français. Cette usine devait à l’origine être principalement un atelier de montage et de finition des locomotives à vapeur dépendant des établissements alsaciens. Les avis sur le choix de la région où cette usine devait être implantée furent très partagés. Certains voyaient un centre industriel tel que la Loire ou la région de Nancy, d’autres la banlieue parisienne pour des facilités commerciales ainsi que pour les moyens de transport.
Finalement la proximité géographique l’emporta. Vesoul refusa par crainte d’un revirement électoral et c’est Belfort, encore partie intégrante du Haut‑Rhin, qui fut choisie. Les facilités de transport par route, voie ferrée et canal étaient bonnes et comme source énergétique le charbon de Ronchamp n’était pas loin.
Dès les premiers jours de 1879, 30 hectares de terrains furent achetés en bordures de la route de Valdoie et du chemin de fer de Paris à Belfort. Mais la Compagnie des Chemins de Fer de l’Est refusa la création d’un embranchement particulier. La SACM acheta alors d’autres terrains de 40 hectares à l’Ouest de la ligne près de la commune de Cravanche où se trouve actuellement l’usine.
Le premier atelier mis sur pied fut celui destiné à la chaudronnerie; il occupait un bâtiment où furent installés, au fur et à mesure de l’avancement des travaux, le montage, l’ajustage et la peinture des locomotives, puis la trempe, la menuiserie, l’aiguiserie et une fonderie de bronze.
Les bâtiments étaient alors de construction relativement légère: charpente bois, murs de briques et planches. Dans la pensée des constructeurs, Belfort n’était peut‑être qu’une étape en attendant le retour de l’Alsace à la France.
Pour se restituer dans ce début du siècle, il faut imaginer les ateliers en terre battue qui étaient chauffés avec des braséros dans lesquels on brûlait un peu de tout, y compris des pavés de bois. L’éclairage se faisait avec des lampes à arc car les ampoules électriques n’étaient pas assez puissantes.
C’est également de 1888 que datent les débuts de la fabrication de matériel électrique: dynamos, moteurs et câbles enrobés de gutta percha. Bien qu’encore près de leurs débuts, les applications industrielles de l’électricité avaient acquis à cette époque un certain développement et leurs magnifiques possibilités d’avenir n’avaient pas échappé aux dirigeants de l’époque.